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LaSociété Nationale des Beaux Arts fondée en 1861 par Louis Martinet et Théophile Gautier, puis refondée en 1890 autour de Messonier de de Puvis de Chavanne. Les brouilles de personnalités fortes et les querelles de principe ont amené la scission de plusieurs sociétés d'artistes. Encouragés par le
4 La puissance publique n’est pas légitime pour agir sur nos modes de vie. Selon cet argument, la puissance publique sortirait de son rôle en cherchant à transformer nos modes de vie pour la transition. Cela irait à l’encontre de l’idée d’un individu libre et responsable. Dans un contexte économique mondialisé, marqué par des
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La résistance aux règles académiques de l’Académie des beaux-arts 1 G. Monnier, L’Art et ses institutions en France, De la révolution à nos jours, p. 61. 1Les artistes de la fin du xixe siècle les plus avancés, précurseurs d’un art qui s’interroge sur lui-même, sur sa nature, son rôle et sa destination, sont liés au concept de modernité qui émerge, dès 1850, pour désigner les grands changements survenus après les révolutions technique et industrielle. La modernité est alors perçue, par les théoriciens d’une avant-garde balbutiante, comme la manifestation d’un mode de pensée, de vie et de création, basé sur le changement, et non plus sur les traditions anciennes d’une institution. L’Académie des beaux-arts, membre de l’Institut de France, créée le 21 mars 1816, entend, en effet, perpétuer les principes esthétiques des Académies royales de peinture et de sculpture fondées à Paris en 1648. Sous son égide, les écoles d’art dispensent aux élèves une formation scientifique géométrie, anatomie et perspective et humaine histoire et philosophie, et leur enseignent les techniques et les savoir-faire nécessaires à l’élaboration d’une œuvre. Elles transmettent les diktats d’une culture classique, attachée à la recherche de l’idéal du beau et de l’essence éternelle des choses, que les artistes suivent pour produire l’art des salons officiels, obtenir des commandes publiques, et s’attirer les faveurs d’une clientèle fortunée1. 2En 1863, toutefois, un vent de révolte souffle chez les artistes parisiens, car le jury du Salon de peinture et de sculpture, désigné par les membres de l’Académie, refuse plus de 3 000 œuvres sur les 5 000 envoyées à l’institution. Les postulants exclus, dont Antoine Chintreuil 1814-1873 ou Édouard Manet 1832-1883, critiquent vigoureusement l’intransigeance des membres du jury du Salon et réclament un lieu d’exposition pour montrer leurs œuvres au public parisien. Informé du conflit, l’Empereur Napoléon III décide de financer une exposition des Refusés », qui doit se tenir au Palais de l’Industrie à Paris. Cet évènement obtient un certain succès, malgré la polémique née de la présentation d’un tableau provocateur, Le Déjeuner sur l’herbe de Manet, qui met sur le devant de la scène la question de l’émancipation des peintres. 3De ce fait, trop conscients des limites qui leur sont imposées, nombre d’artistes décident de se former dans des ateliers privés, dont l’enseignement est moins conventionnel que celui des Beaux-Arts, dans le but d’affirmer leur talent. C’est le cas du jeune Paul Cézanne, qui a échoué au concours d’entrée de l’École des beaux-arts de Paris, en 1861, en raison d’un tempérament coloriste jugé excessif, et qui va suivre les cours de l’Académie de Charles Suisse, en 1862, où il rencontre Alfred Sisley 1839-1899, Camille Pissarro 1830-1903, Claude Monet 1840-1926 et Auguste Renoir 1841-1919. Ces derniers refusent les règles académiques et veulent baser les principes de leur création sur leur sensibilité, s’emparer de sujets déclarés jusqu’alors triviaux. Enfin, ils s’intéressent à la nature d’une façon plus libre que leurs aînés, cherchant à transcrire les variations de la lumière, la fluidité des formes, pour animer leurs tableaux, suivant les postulats des peintres installés à Barbizon, à partir de 1850. Paul Cézanne 1839-1906, face à la Sainte-Victoire, contre l’art des bourgeois 4Pour donner plus de force à son travail, Cézanne écarte les teintes sombres et les nuances trop lisses, façonne un modelé qui lui est propre, constitué de touches divisées, susceptibles de traduire la richesse de sa perception, comme de révéler les aspects les plus secrets de la nature. Une peinture jaillie de l’intérieur, stimulante, celle des tripes », totalement désavouée par l’Académie des beaux-arts, voit ainsi le jour. Paul Cézanne cherche, à tâtons, un art solide, équilibré, structuré, porteurs de valeurs stables, universelles. Des années s’écoulent avant que le style cézanien ne s’affirme. Certes, l’artiste a toujours recours aux lois plastiques qui sous-tendent toute œuvre d’art, comme la loi de contraste des formes et des couleurs, la loi de composition et de représentation du sujet, mais il veut les utiliser autrement pour découvrir la vraie nature de la peinture et lui conférer une structure durable. Cézanne côtoie Pissarro et Armand Guillaumin 1841-1927 et participe, le 27 décembre 1873, à la fondation de la Société anonyme coopérative des artistes-peintres avec Edgar Degas 1834-1917, Monet et Renoir. Lors de la première exposition impressionniste de 1874, chez le photographe Nadar 1829-1910, le public réserve un accueil peu encourageant, voire scandalisé, aux toiles de Cézanne qui, dès lors, déserte de plus en plus souvent la capitale. 5À partir de 1876, il se réfugie dans le Midi, et séjourne à L’Estaque, petit port environné d’une nature encore préservée, où il peint des tableaux pour son ami Victor Chocquet 1821-1891. Ainsi, la plupart des œuvres qui sont montrées à la troisième manifestation du groupe impressionniste, en 1877, ont été exécutées à L’Estaque. Le public est toujours hostile à l’art de Cézanne, jugé malhabile, brutal, mais l’artiste s’obstine dans ses recherches. À Paris, il peint un portrait, qui, plus tard, sera considéré comme l’un de ses chefs-d’œuvre, Madame Cézanne à la robe bleue, qui détonne par une gamme de tons bleus très poussée, mais aussi par une déclinaison de verts remarquables. Cézanne se voit comme l’artisan d’un art nouveau qui rejette toute convention bourgeoise, toute concession aux effets » à la mode, et c’est dans une tenue d’ouvrier, cotte bleue et veste de toile blanche couverte de taches de peinture, qu’il travaille. En 1881 et 1882, l’artiste s’installe avec sa famille, à Pontoise, près de Pissarro, avec lequel il découvre les nouvelles théories de la couleur, celles du chimiste français Eugène-Michel Chevreul 1786-1889 et du physicien américain Ogden Rood 1831-1902, qui nourrissent sa réflexion. Cette même année, il est admis au Salon, se déclarant l’élève d’Antoine Guillemet 1841-1918 de l’école de Barbizon, mais il poursuit sa quête, de plus en plus solitaire. Il peint, désormais, en appliquant des touches juxtaposées, et accentue la technique du clair-obscur pour obtenir des effets descriptifs forts sur ses toiles. Les paysages sont construits par plans successifs, suivant une perspective aérienne, déjà utilisée par les impressionnistes, et constitués d’une succession de traits et de lignes disjointes, qui décrivent de façon de plus en plus synthétique les objets ou les figures. En 1883, Cézanne en sait assez pour suivre, seul, son chemin, et il décide de rentrer chez lui, en Provence, pour pousser plus loin ses investigations, dans l’atelier de la demeure familiale. L’artiste développe sa technique en travaillant essentiellement sur le motif pour saisir la beauté des paysages nimbés de soleil et transcrire le sens profond de leur nature. Viscéralement attaché à ses racines, il aime étudier sans relâche ses sujets, en pleine campagne, dans la solitude des paysages méditerranéens d’une austère beauté, près des carrières de Bibémus, du château de Vauvenargues ou dans le village du Tholonet. 2 A. Lhote, Catalogue de l’exposition L’influence de Cézanne, 1908-1911, 1947, p. 5. 6En 1886, l’artiste s’installe pour un an, à Gardanne, avec sa famille, où il commence une série de peintures sur la Sainte-Victoire qu’il représente comme sujet à part entière, et de façon récurrente, dans plus de quatre-vingts œuvres, développant un style de plus en plus épuré. La montagne provençale, rattachée dans son histoire géologique, aussi bien à l’ancienne chaîne pyrénéenne, qu’à celle des Alpes occidentales, devient le cadre d’un laboratoire de recherche. Il ne s’agit pas, pour Cézanne, de s’épancher sur une nature complice », mais de capter ses qualités intrinsèques, son pouvoir à exprimer une énergie, à stimuler l’imaginaire, pour la transcender. La tradition académique considère alors l’observation personnelle et sensible de la nature comme inférieure à l’expérience intellectuelle, alors qu’elle permet aux premiers artistes de l’art moderne de trouver un support d’expression solide et varié2. 7La peinture de Cézanne suscite jusqu’en 1887, à Paris, les railleries de détracteurs qui parlent de visions cauchemardesques » et autres atrocités à l’huile ». Puis, grâce aux collectionneurs éclairés et à des critiques indépendants, grâce au soutien de marchands d’art comme Ambroise Vollard 1866-1939 et Durand-Ruel 1831-1922, elle finit par obtenir un vrai succès. En 1888, une série d’articles mentionnent son œuvre en termes flatteurs et il est admis à l’exposition de l’Art français pour l’Exposition universelle de Paris de 1889. Cézanne commence à être reconnu et apprécié pour son audace picturale, la solidité de ses compositions, enfin, sa touche incomparable. Il peut, dès lors, vivre de son art, mais il est déjà malade, et effectue des cures pour se soigner. En 1906, alors qu’il est installé sur le motif, l’artiste prend froid et contracte une pneumonie, dont il ne se remet pas. Il meurt le 22 octobre, chez lui, en Provence. 8À Paris, le monde de l’art est en deuil et lui rend hommage en organisant, au Grand Palais, pour le Salon d’automne de 1907, une grande rétrospective de ses œuvres. Le public découvre ses baigneuses, ses natures mortes, ses portraits, ainsi que les paysages de la Sainte-Victoire, et salue le talent et la ténacité du peintre. Pour tous, il est clair, qu’après Cézanne, l’art ne sera plus le même car l’héritage pictural que le maître d’Aix transmet, met à rude épreuve ses anciens fondements. La montagne Sainte-Victoire devient, dès lors, l’emblème de la volonté de l’artiste, tout debout contre l’ordre établi, de rénover l’art, car elle a été le refuge de celui qui, en marge d’une société étriquée et des dogmes de l’Académie des beaux-arts, a voulu se modifier lui-même, en profondeur, pour découvrir la vérité de la peinture. Henri Matisse 1869-1954, les fauves à Collioure de la dynamite au pied des Albères 9En 1905, Henri Matisse 1869-1954, lui aussi, cherche la tranquillité, près de la montagne, pour entamer une longue méditation sur la couleur et s’affranchir des postulats de la peinture académique, encore pesants, malgré les défis lancés par les peintres postimpressionnistes, dans des toiles-manifeste. Matisse éprouve bien des difficultés à exprimer son propre tempérament de peintre et à se libérer du cadre, encore rigide, des enseignements qu’il a reçus. Tout d’abord, à Bohain, dans le Nord, puis à l’École des Arts Décoratifs de Paris, enfin, en 1895, à l’École des beaux-arts, dans l’atelier de Gustave Moreau 1826-1898. Le maître symboliste encourage ses élèves à penser leur peinture, à la rêver, au-delà d’une virtuosité technique, à dépasser leurs propres limites. Toutefois, après son apprentissage, Matisse décide de suivre les cours de l’Académie de la Grande Chaumière, dans l’atelier d’Eugène Carrière 1849-1906, où il rencontre André Derain 1880-1954, qui lui présente Maurice de Vlaminck 1876-1958. Tous entretiennent une passion pour la peinture cézanienne. 10L’artiste est déjà un peintre reconnu lorsqu’il arrive à Collioure. En effet, en 1896, ses toiles ont été exposées au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts, dont il est devenu membre associé, sur proposition de Pierre Puvis de Chavannes 1824-1898. Cette fonction lui a permis de montrer, sans passer par un jury, un art expressif, qui s’inscrit dans l’air du temps. Matisse s’intéresse, en effet, à la peinture de son époque les impressionnistes, qu’il découvre au musée du Luxembourg en 1897, et les pointillistes qui exercent une grande influence sur son travail, grâce au traité du peintre Paul Signac 1863-1935 de 1899, D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme. Les œuvres qu’il présente au Salon des indépendants de 1901, puis à la première édition du Salon d’automne de 1903, en témoignent, tout comme celles qui figurent chez Vollard, lors de la première exposition que le marchand consacre à l’artiste en 1904. L’été suivant, à Collioure, Matisse trouve le cadre idéal pour mener ses recherches la mer, face à lui, juste à quelques mètres de la maison de pêcheur qu’il a louée, et la montagne, la chaîne majestueuse des Albères, enserrant le petit port, offrent un spectacle stimulant. Les rochers, les collines, les bateaux, les petites chapelles environnantes, constituent des sujets de choix, qu’il traite avec talent. 11Rejoint par le jeune André Derain durant l’été, qui arrive avec de nouvelles idées, il s’attelle à l’élaboration d’un langage original, qui va peu à peu se démarquer de la peinture pointilliste qu’il a pratiquée, l’été précédent, aux côtés de Paul Signac, à Saint-Tropez. Les artistes exécutent ainsi, grâce à une collaboration quotidienne, des œuvres emplies de soleil, aux forts contrastes, dynamisant des plans de couleur pure, qui feront sensation au Salon d’automne de Paris, en 1905, dans la cage aux Fauves. Le travail novateur de Matisse, développé dans des toiles telles que La femme au chapeau, ou Intérieur à Collioure, aboutissant à la disparition des références au réel, par la déformation des lignes et l’élaboration de plans de plus en plus autonomes, rompt avec les conventions classiques de représentation. Matisse propose une peinture qui entame le concept de l’art comme esthétique plaisante, loin d’un idéal de beauté préétabli, dans des compositions régies par l’émotion. Près de la montagne, il parvient à redéfinir l’acte pictural, en harmonisant ses sentiments à d’autres systèmes de représentation. Aux côtés de Derain, véritable théoricien de la couleur, il est plus réceptif au fait plastique pur et s’engage dans une nouvelle voie chromatique. 3 P. Schneider, Matisse, p. 45. 12Grâce à une réflexion poussée, les artistes ordonnent et équilibrent des zones de couleurs franches, parfois explosives, comme de la dynamite, dans leurs toiles, renonçant aux lois classiques de l’optique. Ils parviennent à accroître la conscience de la réalité matérielle du tableau pour demeurer au plus près de la vie immédiate d’un monde lumineux, fort et dense. Les peintres parisiens abandonnent le ton local pour passer aux tons non réalistes, en ayant recours aux aplats, et mettent fin à la peinture illusionniste. Le sujet est traité comme un instantané, et s’impose dans une vision lyrique du monde avec une sensibilité qui n’exclut pas la dissonance. Tout un système d’équivalence triomphe du chaos lumineux et permet de restituer l’essence de chaque chose. L’acte pictural se charge d’une spiritualité nourrie par la matière et la couleur, fruit d’une méditation éclairée sur le monde. L’artiste effectue plusieurs séjours fructueux à Collioure jusqu’à la guerre, où il rencontre le sculpteur Maillol travaillant non loin, à Banuyls-sur-Mer3. Cézanne recommandait aux artistes d’aiguiser leur vision face à la nature et d’observer les moindres détails avec leur propre sensibilité, afin que la peinture demeure un art vivant, qu’elle ne décline pas en se perdant dans la peinture des générations précédentes. Tel fut le but de Matisse, mais aussi celui de Picasso, tout au long des divers séjours qu’il effectua près de la montagne, milieu naturel riche et poétique, qui allait inspirer le peintre et l’amener vers le cubisme. Pablo Picasso 1881-1973, la naissance d’un cubisme radical dans les Pyrénées 13Pour les artistes en quête d’authenticité, comme Cézanne, puis Matisse, la montagne constitua en effet, un ancrage moral et esthétique face aux préceptes dominants des anciennes académies, et devint le symbole de leur résistance aux institutions. Ce fut le cas, aussi, au tout début du siècle, pour le peintre Pablo Picasso, qui remit en cause l’enseignement des écoles, dès qu’il eut conscience de leurs limites et effectua plusieurs séjours près des montagnes. Fils d’un professeur d’art, Picasso reçut une formation artistique classique dès son enfance, avant de suivre, en 1896, les cours de l’école des beaux-arts de Barcelone, puis ceux de la Llonja, où son père enseignait. L’année suivante, à seize ans, il réussit le concours d’entrée de l’Académie royale de San Fernando, et fut admis à l’école des beaux-arts de Madrid, la plus prestigieuse d’Espagne, où bien des artistes renommés avaient séjourné. Toutefois, le jeune homme ne poursuivit pas son enseignement à San Fernando, qu’il trouvait trop contraignant, et qui ne lui permettait pas de suivre son propre tempérament. 14Aussi, retourna-t-il à Barcelone, en 1898, pour travailler seul, mais il tomba malade. Il effectua sa convalescence à Horta de Sant Joan, le village de son ami Manuel Pallarès 1876-1974, situé près de la ville de Tarragone, où il partagea la vie des paysans. Ce séjour de quelques mois fut, pour l’artiste, une véritable révélation. La présence de la montagne, la Santa Barbara, le contact quotidien avec la nature, et un mode de vie campagnard, rustique, l’enthousiasma. Des visions puissantes, capables de nourrir son imaginaire, stimulèrent sa création, pendant de longues années. Plus tard, l’artiste se plaira à répéter 4 R. Maillard et F. Elgar, Picasso, étude de l’œuvre et étude biographique, p. 3. Tout ce que je sais, je l’ai appris dans le village de » 15En avril 1899, de retour à Barcelone, Picasso, fréquente le cabaret Els Quatre Gats, lieu de convivialité bohème, où les artistes peuvent exposer leurs œuvres, échanger leurs points de vue sur l’art. Là, il retrouve Miguel Utrillo 1883-1955, Carlos Casagemas 1880-1901, Ricardo Opisso 1880-1966, Julio Gonzalez 1876-1942, se lie d’amitié avec le poète Jaime Sabartès 1881-1968 qui deviendra son secrétaire particulier et expose quelques œuvres en 1900. 16Picasso, aimait le pays de sa jeunesse, la Catalogne, mais il savait que ce serait une chance de le quitter pour parfaire sa formation et étudier les grands maîtres de la peinture à Paris, destination obligatoire pour tout peintre qui avait de l’ambition. Plusieurs séjours dans la capitale l’aidèrent à préciser son orientation et ses choix esthétiques. À la période bleue, triste et dure, succéda la période rose, nostalgique et déliquescente, qui trouva un public de connaisseurs et d’amateurs, le succès fut vite au rendez-vous. Cependant, pour faire partie des maîtres les plus doués de sa génération, l’artiste devait élaborer un nouveau langage et la tâche était ardue. En 1905, il fut chargé de faire le portrait de Gertrude Stein 1874-1946, une poétesse américaine qui soutenait le jeune Catalan et il lui fallait se démarquer de son principal rival, Matisse, pour satisfaire son mécène. Pour se lancer dans de nouvelles expérimentations, il chercha à regagner son pays afin de s’immerger dans un monde qui l’avait fortement inspiré, quelques années auparavant, celui de la montagne, et aller au-delà de ce que les écoles lui avaient appris. 17Picasso partageait avec Matisse, Derain, Georges Braque 1882-1963 et d’autres artistes de sa génération, un vif sentiment d’admiration pour Cézanne et son œuvre. Il voulait, comme lui, rester au contact de son pays natal, pour se fortifier et progresser. À l’instar du maître d’Aix, il éprouvait ce sentiment qu’ont les Méditerranéens que leur terre est celle des dieux, où sont nées les grandes mythologies, et qu’elle constitue pour les créateurs une source d’inspiration inépuisable. Comme Cézanne, il pensait qu’il fallait s’éloigner du monde artistique parisien pour s’imprégner d’une nature non domestiquée par l’homme, afin de révéler la vérité de la peinture. 18Pour rénover son art, Picasso effectue alors, durant l’été 1906, un séjour en Catalogne, dans un village de montagne très retiré, accessible uniquement à dos de mulet, nommé Gósol. Le massif de Pedraforca, qui ferme de façon imposante la perspective de la petite vallée, offre un spectacle grandiose, comme celui de la Sainte-Victoire, et l’artiste peut aller sur le motif pour capturer des images. La volonté du peintre de produire un art différent est autant soutenue par la quête d’un retour à la nature et aux racines, prôné par Cézanne, que par la recherche de nouvelles références puisées dans l’art de Gauguin 1848-1903, le Greco ou encore empruntées à l’art roman et ibérique local. Le travail effectué à Gósol a un impact majeur sur l’œuvre de Picasso puisqu’il débouche sur l’achèvement du Portrait de Gertrude Stein, qui présente des inventions sans précédent, comme la réduction du visage humain à son masque, marquant un jalon dans l’histoire du portrait. À la suite de ce séjour fécond, naît un chef-d’œuvre, Les Demoiselles d’Avignon dont l’angulosité des volumes annonce le premier cubisme. 5 Fernande Olivier 1881-1966, de son vrai nom, Amélie Lang, compagne de l’artiste de 1904 à 1912. ... 19En 1909, grâce à la vente de toiles, l’artiste effectue un autre séjour en Espagne. Il gagne Horta de Sant Joan, où il avait séjourné dans sa jeunesse, à la suite d’une maladie, chez son ami Pallarès. Tout près de la montagne Santa Barbara, il réalise des œuvres remarquables comme Usines à Horta, le Réservoir de Horta de Sant Joan, ou encore des portraits de Fernande5, au cou-montagne », qui poussent toujours plus loin les postulats cézanniens. L’artiste élabore une nouvelle syntaxe, bouleversant les principes classiques de perspective et de modelé, basée sur un système rythmé de formes et de couleurs, définissant le cubisme analytique. Picasso est alors reconnu comme un artiste et il veut approfondir ses recherches. Il effectue alors un troisième séjour près de la montagne, durant l’été 1910, dans un petit port du Cap de Creus, Cadaquès, où il s’établit avec sa compagne Fernande. Il veut aller jusqu’au bout de sa démarche, ne faire aucune concession au naturalisme pour rompre définitivement avec les règles de représentation illusionniste académique. Il exécute alors des œuvres frôlant l’abstraction, telles que Guitariste, ou encore Port de Cadaquès, qui mènent à un cubisme conceptualisé, mental. Bien qu’entouré de montagnes, de sujets marins fortement évocateurs, le réel disparaît. La présence d’André Derain, l’ancien collaborateur de Matisse à Collioure, le conforte dans sa démarche. 6 Eva Gouel 1885-1915, née Marcelle Humbert, chorégraphe et modèle de Picasso de 1911 à 1915. 20De 1911 à 1914, Picasso revient à la montagne, effectuant plusieurs séjours à Céret, en Catalogne du nord. Au pied du Pic de Fontfrède, montagne marquant la frontière avec l’Espagne, l’artiste connaît une période de grande effervescence, aux côtés des peintres cubistes Braque, Auguste Herbin 1882-1960 et Juan Gris 1887-1927. Des œuvres novatrices, marquées par une composition pyramidale, rappelant la montagne, comme L’Indépendant, de plus en plus élaborées, voient alors le jour. En 1912, à la suite d’aléas sentimentaux, il effectue, enfin, un séjour en Provence avec sa nouvelle compagne Eva6. À Sorgues, près du Mont Ventoux, il agence des formes géométriques pures, et multiplie les expérimentations techniques, dans des compositions inventives, qui aboutissent aux collages et engendrent, comme le voulait Cézanne, une nouvelle réflexion sur la nature de l’art. Les séjours près de la montagne ont marqué la production de Picasso de façon éloquente. Les expressionnistes allemands et les Alpes de Bavière, comme un volcan bouillonnant 21En Allemagne aussi, les artistes les plus avancés sont convaincus que les œuvres d’après l’antique ne tiennent plus, et que les arts doivent être natifs de la terre même où leur inspiration se développe, car seule la terre peut les vivifier, apporter des réponses proches de la réalité et des nouvelles considérations esthétiques, philosophiques, sociologiques, culturelles. La montagne, repère majestueux d’un espace et véritable concentré d’une nature originelle, symbolise ce postulat émergeant en Allemagne, valorisant le sentiment d’appartenance à un territoire, à une histoire personnelle et collective. En tant que trait fort du paysage, elle incarne l’identité d’un pays, établie depuis des temps anciens, mais aussi la relation sentimentale de l’homme avec un lieu. Les Alpes de Bavière deviennent ainsi le théâtre d’un renouveau artistique sans précédent. 22Après la mort de Cézanne, le 22 octobre 1906, les peintres installés en Allemagne commencent à s’intéresser aussi au rôle du lieu de création, à la façon dont on peut expérimenter les formes et les couleurs, loin de la ville. Remettant en cause la société industrielle, la pression néfaste de la culture dominante sur l’art, ils veulent réformer leur attitude, leur fonctionnement personnel. Comme le maître d’Aix, ils décident de travailler sur le motif, dans une nature préservée, de côtoyer une population encore liée à la terre, évoluant parmi des formes simples, voire primitives, pour rénover le langage plastique. Outre-Rhin, la montagne, symbole de métamorphoses de grande envergure, assimilée à un volcan bouillonnant, incarnant un désir de liberté et de retour vers les forces et les lois fondamentales de la nature, joue ainsi un rôle important dans le parcours de grands maîtres de la modernité tels que Vassily Kandinsky 1866-1944, Paul Klee 1879-1940, Alexej von Jawlensky 1864-1941 ou encore Frantisek Kupka. Ainsi, à partir de 1908, des artistes quittent la ville de Munich pour passer l’été à Murnau, un village pittoresque de Haute-Bavière, où la lumière est appréciée pour sa subtilité, et où la montagne créée un espace majestueux. Le lieu, exaltant, inspire à plusieurs peintres, dont Kandinsky, Jawlensky, Gabriele Münter 1877-1962 et Marianne von Werefkin 1860-1938, une palette expressive, qui donne vie à de flamboyants paysages. L’image de la montagne, et sa silhouette imposante, est omniprésente dans les œuvres créées à Murnau, et la palette des fauves, qui ont travaillé à Collioure, est reprise avec un sens chromatique éblouissant. De ce contexte particulier naît, en 1911, un mouvement de rénovation tourné vers l’expressionnisme, dirigé par Kandinsky, consolidé par August Macke 1887-1914 et Franz Marc 1880-1916, le Blaue Reiter » le cavalier bleu, qui 7 A. Vezin, L. Vezin, Kandinsky et le Cavalier bleu, p. 223. Vise à montrer, par la diversité des formes représentées, comment le désir intérieur des artistes peut prendre des formes » 23En effet, Vassily Kandinsky 1866-1944 cherche à rénover l’art pour en faire une arme contre la société industrielle, capitaliste, jugée décadente. En 1908, il s’éloigne de Munich, et d’une culture convenue, pour effectuer des séjours à Murnau, avec sa compagne Gabriele Münter. Il s’immerge dans une nature de haute montagne, baignée de lumière, renouant avec un monde simple, et son œuvre commence à se transformer. Une peinture de 1909 intitulée La Montagne bleue résume les recherches de cette période et annonce le tournant pris par l’artiste vers un art plus libre. Le large emploi de la couleur, dans un style expressionniste, et la simplification des formes aboutissent à un traitement non-figuratif du sujet. Ce que Kandinsky appelle le chœur des couleurs », est un vocabulaire coloré, issu de la peinture cubiste et fauve, qui peut se charger d’un fort pouvoir émotionnel et d’une dimension cosmique dynamique. 24L’année suivante, Kandinsky peint sa première œuvre abstraite intitulée, Sans titre, une création spirituelle qui ne procède que de la seule nécessité intérieure de l’artiste, dans le sillage des Improvisations. En 1911, il écrit un traité d’esthétique, Du spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier, où il invite le créateur à substituer, à l’apparence visible, la réalité pathétique et invisible de la vie. Il veut ainsi redéfinir l’objectif de l’œuvre d’art 8 V. Kandinski, Du spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier, p. 21. Une œuvre d’art n’est pas belle, plaisante, agréable. Elle n’est pas là en raison de son apparence ou de sa forme qui réjouit nos sens. La valeur n’est pas esthétique. Une œuvre est bonne lorsqu’elle est apte à provoquer des vibrations de l’âme, puisque l’art est le langage de l’âme et que c’est le seul. […] L’art peut atteindre son plus haut niveau s’il se dégage de sa situation de subordination vis-à-vis de la nature, s’il peut devenir absolue création et non plus imitation des formes du modèle » 25Jusqu’à la guerre, Kandinsky continue d’inventer des formes conduisant à un langage abstrait qu’il veut révolutionnaire, pour exprimer l’intériorité spirituelle abstraite, en perpétuelle évolution. Dans sa production des années vingt, il combine les formes géométriques et les couleurs pour révéler un monde mystérieux, issu de la musique, ou du cosmos, parfois résumé à une épure. Des tableaux comme Schwarzer Raster 1922, ou Einige Kreise 1926, où son trait s’est solidifié, montrent un lyrisme cérébral. Dans Steroscopic exhibition, les deux triangles aigus bleutés, dynamisant la composition, sont, pour cet artiste cultivé, une sorte de private joke ». 26À partir de 1910, Paul Klee 1879-1940 se rapproche des peintres de la montagne » qui posent de nouvelles problématiques, liées à la nature et à l’objectif de l’art. Comme eux, il est convaincu que la notion d’idéal et de beauté est tout à fait désuète, dépassée. Certes, l’artiste, dont l’œuvre est intuitive, a une personnalité bien affirmée. Refusé à l’Académie des beaux-arts de Munich en 1898, il est dirigé vers l’atelier d’Heinrich Knirr où il étudie le dessin figuratif. En 1900, il est finalement admis aux Beaux-Arts, dans la même classe que Kandinsky, mais à l’instar du jeune artiste russe, il a déjà défini son objectif artistique et il entend peindre selon sa propre conception du monde. Il se rend à Paris en 1912 et découvre chez les marchands l’art des cubes ». Il s’intéresse aux œuvres de Robert Delaunay 1885-1941, Braque, Picasso, et Derain, dépositaires de l’héritage artistique de Paul Cézanne, qui fait l’objet de nombreuses études. Les inventions des pionniers du cubisme et des collages, Picasso et Braque, ont alors atteint tous les cercles d’art et suscité un vif enthousiasme. Le traité rédigé par Jean Metzinger 1883-1956 et Albert Gleizes 1881-1953 en 1912, Du cubisme, a permis de diffuser à l’étranger les principes d’une esthétique qui fait scandale, car elle incite les artistes à refuser toute convention de représentation. L’année suivante, Paul Klee traduit un texte de Robert Delaunay qui l’intéresse particulièrement, De la lumière, et a recours, pour rénover son art, aux principes esthétiques orphistes » développés par les Delaunay, Sonia et Robert, qu’il invite en Allemagne, pour y exposer leurs œuvres. 27En 1914, Klee rejoint le Blaue Reiter », et fonde avec Jawlensky, Kandinsky, Münter et Alexander Kanoldt 1881-1939, un mouvement artistique rénovateur, La Nouvelle Sécession » de Munich. Puis il entreprend un voyage en Tunisie avec ses amis Macke et Louis Moilliet 1880-1962. En avril, avant d’embarquer à Marseille, i1 séjourne à L’Estaque, dans l’intention de photographier le viaduc peint par Cézanne et Braque, qu’il admire. Lorsque la guerre éclate, les artistes doivent trouver refuge dans les pays neutres pour continuer de peindre ou s’engager. Jawlensky et Kandinsky, de nationalité russe, doivent s’exiler. August Macke est tué sur le front de Champagne, le 26 septembre 1914, tout comme Franz Marc, l’ami de toujours, le sera deux ans plus tard à Verdun. Mobilisé, Klee obtient, grâce à son père, d’être affecté dans un régiment de réserve à Munich où il peut encore exercer son art. En cette période, éprouvé par les événements, ses sensations sont intenses et près des montagnes, notamment la Zugspitze, dans le massif du Wetterstein, la production de l’artiste se transforme, marquant un réel tournant stylistique. En 1917, il expose à la galerie Der Sturm de Berlin, et son travail remporte un grand succès. On note que Klee a intégré l’idée de révolution dans son art, ayant pris conscience que l’art moderne est un défi jeté à la culture bourgeoise, avec, pour emblème, le triangle, une forme géométrique universelle, qui figure dans une aquarelle devenue célèbre, Le Niesen, datée de 1915. 28Dans cette œuvre, l’imposante masse pyramidale du Niesen, culminant à 2 563 mètres, est représentée selon les préceptes du maître d’Aix, dans un style qui oscille entre le fauvisme et le cubisme triomphant. La montagne est traitée avec un lavis bleu azur, lui conférant une légèreté métaphysique, résonnant avec les aplats bigarrés, lumineux des arbres, de forme orthogonale. 9 P. Klee, Théorie de l’art moderne, p. 11. 29Paul Klee, qui avait dit je suis Dieu9 », a rempli le ciel d’étoiles scintillantes, côtoyant la lune et le soleil, pour créer une ambiance onirique. L’héritage cubiste est bien présent dans cette belle composition qui est un prélude aux chefs-d’œuvre qui toucheront le public par leur sincérité expressive, comme Senecio, de 1922, ou Château et soleil, de 1928. 10 P. Brullé, Catalogue de l’exposition Frantisek Kupka, 2016. 30De son côté, le peintre tchèque Frantisek Kupka 1871-1957 tisse aussi un lien particulier avec la montagne. Dans une œuvre emblématique, Méditation, 1897 il s’est représenté nu, agenouillé devant un imposant paysage de montagne. L’artiste se pose des questions cruciales pour l’évolution de son art, quant à la réalité des choses et leur représentation. La montagne lui révèle l’articulation entre physique et métaphysique, entre phénomène et noumène, l’interroge sur le sens de la vie. Kupka s’installe à Paris en 1896 et devient l’auteur d’une création picturale très originale. Il est le premier à affronter le public avec des œuvres non figuratives lors du salon d’automne de 1912. Il crée une autre réalité, rejetant toute référence au monde sensible10. 31La rénovation voulue par le maître d’Aix permet aussi de donner un statut moderne à l’art des cubo-futuristes russes, théorisé, en 1912, par le peintre du suprématisme, Kasimir Malevitch 1879-1935, qui conçoit le Carré blanc sur fond blanc, jugé scandaleux, en 1918, puis, à celui des constructivistes révolutionnaires, tout debout contre l’ordre ancien » 11 Marcade, Catalogue de l’exposition Le futurisme, 2008-2009, p. 59. Malevitch avait bien vu que le principe dynamique était déjà présent, à l’état d’embryon, chez Paul Cézanne et, à sa suite, dans les toiles cézannistes géométriques de Georges Braque ou de Pablo » 32Dans son manifeste Une gifle au goût du public, David Burliouk 1882-1967 avait réaffirmé que Paul Cézanne, le gardien de la Sainte-Victoire, était le père de toute l’avant-garde picturale, un mouvement de contestation international qui mena, après la Grande Guerre, à l’anti-art. Dada, fruit de la rébellion systématique contre toute esthétique établie, vit, lui aussi le jour près de pics majestueux, à Zurich, la capitale de la Suisse alémanique. L’art de l’absurde, d’Hugo Ball 1886-1927, Tristan Tzara 1896-1963, Richard Huelsenbeck 1892-1974 et Francis Picabia 1879-1953, déboucha sur le surréalisme, qui évoluera sur les hautes terres de l’inconscient et de la folie, avant d’être stoppé net par le chaos de la Seconde Guerre mondiale. La montagne et l’art moderne 33La montagne, repère-témoin de parcours créatifs exemplaires, peut être vue comme le fil reliant les œuvres d’artistes modernes, d’origine et de cultures variées, à celles de Paul Cézanne. Ceux-ci ont cherché à porter un nouveau regard sur la nature, l’opposant de façon aiguë au nouveau monde industriel, asservissant et dégradant l’homme. La montagne, véritable concentré de nature, monde préservé et intact, leur a fourni un refuge pour s’interroger, en se donnant pour mission, à l’instar du maître d’Aix, d’investir le paysage, afin que celui-ci cesse d’être un document géographique, ou scientifique, pour devenir un exercice purement plastique et psychologique. Ce dernier considérait l’œuvre comme un témoignage particulier, d’un moment d’introspection et de réflexion du peintre face à la nature. L’homme, tout entier, devait se transformer pour apporter au tableau sa vraie substance, par un regard plus perçant et plus conscient, tant sur le monde, que sur lui-même. Pour Cézanne, la Sainte-Victoire était l’un des moyens d’y parvenir. Cette dernière devint l’emblème de la volonté de l’artiste, debout contre l’ordre établi, de rénover l’art en profondeur. La montagne peut ainsi être considérée comme le symbole de la révolte contre les diktats des académies qui a rassemblé les plasticiens voulant puiser tant dans une idéologie vivante que dans un environnement à forte identité. 34Picasso et Matisse ont aussi cherché dans la nature des réponses à des questions cruciales. Matisse, bien qu’installé près de la mer, à Collioure, s’est imprégné de la dimension mystique et sauvage des Albères, enserrant le port, pour élaborer son langage fauve. De même, la montagne, véritable laboratoire de recherche à ciel ouvert, a incarné pour Picasso autant une volonté créative sans borne, qu’une farouche opposition aux règles des Beaux-Arts. L’immersion de Picasso dans le milieu montagnard, de 1906 à 1914, de Gosol à Céret, le propulsa sur le devant de la scène. Les séjours près de la montagne ont marqué, de façon éloquente, l’évolution du style des deux artistes, rendant hommage, par une démarche forte, au bon dieu de tous les peintres ». En effet, plusieurs œuvres significatives de la modernité attestent que la montagne, entité puissante, à la fois physique et métaphysique, propice à une réflexion sur le sens et la nature du réel et de l’art, a constitué le lieu privilégié de la résistance aux anciens préceptes, et nourri une expression plus dynamique. Les artistes allemands et ceux d’Europe du Nord, trouvèrent aussi dans le milieu montagnard les conditions propices à la formulation d’un art qui ne s’attache plus à la réalité physique mais aux états d’âme du créateur. 35Selon Kirchner, les peintres ne devaient plus s’imposer de règles et l’inspiration devait couler librement afin de donner une expression immédiate à leurs pressions psychologiques. La production de Kandinsky, réalisée à Murnau dès 1909, affirmait un art dénué de sa fonction de reproduction du réel pour renforcer sa composante subjective jusqu’à formuler une abstraction lyrique, issue d’un profond désir spirituel qu’il appelait la nécessité intérieure », et qu’il tenait pour un principe essentiel de l’art. Paul Klee, près des monts Zugspitze dans les Alpes, après des mois d’une longue maturation et d’une intense réflexion théorique au contact de la montagne, fondée sur son expérience et sur une démarche esthétique proche de celle des Delaunay, émit lui aussi de nouveaux principes sur la forme et la couleur, et exposa la première théorie systématique des moyens picturaux purs, qui conduisit à une clarification exceptionnelle des possibilités contenues dans les procédés abstraits. De tels procédés seront également explorés par les cubo-futuristes russes et par le maître du suprématisme, Malévitch, enfin, par Kupka, dont la réflexion se calquait sur l’image de la montagne, comme le montre l’œuvre Méditation. 36Ainsi, tout comme on ne peut pas regarder la production de Cézanne sans penser à sa relation avec la Provence et la Sainte-Victoire, on ne peut ignorer le rôle joué par la montagne, selon un principe de filiation spirituel inédit, dans l’évolution du sentiment esthétique de plusieurs figures majeures de l’art du xxe siècle, qui mena à l’élaboration de nouvelles théories, et ouvrit la voie aux avant-gardes les plus audacieuses.
Par Romano Garagerocker, le 20 août 2013 article mis à jour le 06 juillet 2021 Continuons à partir d’où on s’est arrêté dans notre série sur l’histoire de la mode. Après les années 30, les années 50 et les années 60, nous abordons les années 1970 ! Dans un monde scindé en deux parties une qui a plongé dans une décadence et un rejet certain des règles de la société mouvement hippie, et paradoxalement une autre qui a totalement épousé un mode de vie centré sur la consommation de masse, les idoles de la décennie tombent comme des mouches, Beatles, Hendrix, Joplin… comme s’il fallait recommencer une nouvelle révolution culturelle. Elle aura lieu dès la fin des Trentes Glorieuses, moins en France. Voici l’histoire de la mode des années 70. Quelques dates clés 1970 Jimi Hendrix et Janis Joplin meurent d’une overdose 1970 En Avril, les Beatles annoncent leur séparation 1970 Le Brésil de Pelé remporte la coupe du monde de football 1971 Premier choc pétrolier aux Etats-Unis 1971 Au Madison Square Garden a New York a lieu le “Combat du siècle” opposant Joe Frazier à Mohamed Ali 1971-1972 En seulement 24 épisodes Amicalement Votre devient un immense succès en France 1971-1975 Michel Legrand est nommé 27 fois aux Grammy Awards ! 1972 JO de Munich + prise d’otages de l’équipe olympique israélienne 1972 début de la série M*A*S*H; adaptation du film sorti 2 ans plus tôt 1973 Décès de Pablo Picasso 1973 Bruce Lee meurt d’un oedème cérébral à l’âge de 32 ans 1974 démission du président Nixon 1975 Loi Veil sur l’interruption volontaire de grossesse 1977 Stephen King sort Shining, l’enfant lumière 1978 Karol Józef Wojtyła devient le Pape Jean-Paul II Personnages marquants 1 crédits Thierry Samuel, 2 crédits Everett, 3 crédits Nigel Parry , 4 crédits Allociné, 5 crédits Platon Photography 1 Claude François [1939-1978] Idole de la musique populaire durant les années 60 et 70, il a vendu plus de 60 millions de disques. En 1974, il enregistre un de ses plus gros succès Le Téléphone Pleure, écoulé à plus de 2,8 millions d’exemplaires. 2 Robert Redford [1936-…] Lancé dans les années 50 à la télévision, il se dirigea davantage vers le cinéma dans les années 60 et 70, entre 1970 et 1979, il tourna dans 12 films. En 1973, il tourne dans L’Arnaque, pour lequel il sera nommé à l’Oscar du meilleur acteur. 3 Jack Nicholson [1937-…] La décennie marque son ascension fulgurante dans le monde du cinéma, tournant dans les plus grands films Chinatown, Vol au dessus d’un nid de coucou…, il refusa même le rôle principal du Parrain à Coppola pour désaccord artistique même s’il se doutait du succès du film. Il est aujourd’hui l’acteur le plus nommé aux Oscars. 4 Louis de Funès [1914-1983] Il est l’un des acteurs comiques les plus connus et appréciés du cinéma français, en près de 40 ans de carrière, il a tourné dans plus de 140 films et a joué dans des dizaines de pièces de théâtre. 5 Al Pacino [1940-…] En 1971, il obtient le rôle principal dans Panique à Needle Park, grâce à ce film il se fait repérer par Francis Ford Coppola qui, même si inconnu, le préférera face à Robert Redford pour le rôle de Michael Corleone. 6 crédits Andy Gotts, 7 crédits Masayoshi Sukita, 8 crédits Altmanphoto, 9 crédits Jean-marie Perier, 10 crédits Allmusic 6 Robert De Niro [1943-…] Grand perfectionniste, il est réputé pour l’énorme travail porté à ses rôles dans des films éclectiques. C’est cette particularité qui fait qu’aujourd’hui il est reconnu comme l’un des plus grands acteurs du cinéma. 7 David Bowie [1947-2017] En près de 50 ans de carrière, Bowie a vendu plus de 140 millions de disques dans le monde. Il est l’un des personnages les plus marquants de la musique pop, grâce à ses changements de styles et chansons devenues des classiques. 8 Elton John [1947-…] Avec 350 millions de disques vendus, il est l’un des artistes les plus populaires de la musique. Virtuose du piano, il est autant connu pour ses chansons d’amour que ses tenues extravagantes. 9 Stevie Wonder [1950-…] 22 Grammy Awards, 72 millions d’albums vendus, en 50 ans de carrière il a réussi à devenir une légende vivante de la musique funk. En 1972, il sort Superstition, un de ses plus grands succès. 10 Queen [1971-…] Plus grand groupe britannique des 4 dernières décennies, il a vendu plus de 300 millions d’albums et a été l’un des pionners dans l’élaboration du clip vidéo. Malgré la disparition du leader du groupe, Freddie Mercury, en 1991, le groupe existe encore aujourd’hui. 11 crédits Mickael Mclenery, 12 crédits Richard Avedon , 13 crédits Ondrea Barbe, 14 crédits LeMelloton, 15 crédits chantemarie 11 Dame Shirley Bassey [1937-…] Diva de la musique de variété, avec 135 millions d’albums vendus et près de 60 ans de carrière, elle détient avec Barbra Streisand le record de la plus longue carrière dans les charts. Ses interprétations pour 3 films de la saga James Bond Goldfinger en 1964, Diamonds are Forever en 1971 et Moonraker en 1979 l’ont propulsé au stade de star internationale. 12 Cher [1946-…] Avec 100 millions d’albums vendus, elle est la seule chanteuse à avoir classé au moins un numéro 1 des charts à chaque décennie depuis les années 60. Outre une carrière de chanteuse, elle est également reconnue pour ses talents d’actrice, ainsi en 1987 elle sera oscarisée pour son rôle dans Eclair de Lune. 13 Meryl Streep [1949-…] Souvent considérée comme la meilleure actrice des 30 dernières années, avec 17 nominations aux Oscars, elle est l’actrice à avoir été le plus de fois nommée. En 1979, elle joue dans Kramer contre Kramer aux côtés de Dustin Hoffman. 14 Diana Ross [1944-…] Leader du groupe The Supremes jusqu’en 1969, elle enchaîna sur une carrière solo en accumulant les tubes, avec notamment Ain’t no Mountain High Enough, Love Hangover et Upside Down. Ami de longue date, Michael Jackson déclara à son propos qu’elle était pour lui “une mère, une amante et une sœur”. 15 Sheila [1945-…] Avec 85 millions d’albums vendus, c’est la chanteuse française ayant vendu le plus de disques dans le monde. Les années 70 marquent un tournant dans sa carrière où elle s’oriente vers des tubes disco qui la feront connaitre à l’international. Elle a enregistré plus de 600 chansons dans sa carrière. Sans oublier ABBA, Donna Summer, Daniel Balavoine, Jodie Foster, Cliff Richard, Jane Fonda, Amanda Lear, Michel Polnareff, AC/DC, Aerosmith, Barry White, Bee Gees, Blondie, Bob Marley, Boney M, Earth, Wind and Fire, Eric Clapton, France Gall, Giorgio Moroder, Joan Baez, John Lennon, KC & The Sunshine Band, Kiss, Led Zeppelin, Pink Floyd, The Clash, The Doors, The Jackson Five, The Police, The Who, Véronique Sanson… Cinéma 1 Orange Mécanique de Stanley Kubrick 1971 Passé au rang de film culte, à l’époque au Royaume-Uni le film fait polémique après que plusieurs groupes de jeunes aient pris exemple sur le film. A noter que David Prowse qui joue Julian, le garde du corps de l’écrivain a obtenu 6 ans plus tard le rôle de Dark Vador dans Star Wars. 2 Le Parrain de Francis Ford Coppola 1972 Référence absolue des films sur la mafia, il arrive régulièrement premier dans les classements recensant les meilleurs films de tous les temps. Coppola réalisa deux suites Le Parrain 2 1974 & Le Parrain 3 1990. 3 Les Aventures de Rabbi Jacob de Gérard Oury 1973 Sorti en pleine guerre du Kippour, le film connu une sortie mouvementée et controversée. Ce qui n’empêcha pas pour autant d’enregistrer plus de 7 millions d’entrées, et d’être classé en tête du box-office en 1973 4 Chinatown de Roman Polanski 1974 grand classique de la décennie, les critiques furent élogieuses à l’époque et le film reçu 11 nominations aux Oscars. Une suite réalisée par Jack Nicholson intitulée The Two Jakes sortie en 1990. 5 Gastby le Magnifique de Jack Clayton 1974 Troisième adaptation au cinéma du roman de F. Scott Fitzgerald, le rôle de Gatsby fut initialement proposé à Warren Beatty, Jack Nicholson et Steve McQueen mais tous refusèrent l’offre en raison de désaccord sur le choix du reste du casting. 6 Vol au dessus d’un nid de coucou de Miloš Forman 1975 tourné dans un véritable hôpital psychiatrique, certains figurants étaient de réels patients. Malgré le succès critique 5 Oscars, 13ème meilleur film du cinéma sur l’IMDB, Ken Kesey, l’auteur du roman, s’est dit tellement déçu du scénario, qu’il n’a jamais regardé le film. 7 Les dents de la mer de Steven Spielberg 1975 2nd long-métrage du réalisateur, il s’agit du tout premier blockbuster du cinéma. Succès critique et commercial, le film engrangea a l’époque près de 500 millions de dollars de recettes et gagna 3 Oscars. 8 Rocky de John G. Avildsen 1976 le film lança la carrière de Sylvester Stallone qui joua dans les 5 suites et en réalisa 4. Énorme succès à l’époque, ce fut le film le plus rentable l’année de sa sotie. 9 Carrie au bal du diable de Brian De Palma1976 adaptation de du premier roman de Stephen King, plusieurs scènes sont construites en forme de clin d’œil à l’oeuvre d’Alfred Hitchcock. Une nouvelle adaptation est prévue au cinéma à la fin de l’année. 10 Taxi Driver de Martin Scorsese 1976 Palme d’or du Festival de Cannes en 1976, Jodie Foster n’ayant que 12 ans lors du tournage, c’est sa soeur Coddie qui la doubla dans certaines scène trop explicites. La fameuse réplique de Robert De Niro “You talkin’ to me ?” était en réalité une improvisation. 11 La fièvre du samedi soir de John Badham 1977 ce film contribua largement à la diffusion de la culture disco à l’international, la bande originale du film signée essentiellement par les Bee Gees se venda a 40 millions d’exemplaires. Sylvester Stallone réalisa une suite en 1983 intitulée Staying Alive. 12 La Guerre des étoiles de George Lucas 1977 Star Wars IV est le premier épisode d’une saga de 9 films qui a très largement influencé le cinéma. Autant par la révolution apportée par les effets spéciaux que par son univers proche du fantastique et de la science-fiction. Le film remporta 7 Oscars. 13 Grease de Randal Kleiser 1978 adapté de la comédie musicale de Broadway, le film fut le plus gros succès de l’année devant Superman. Le single phare You’re the One That I Want, s’est vendu à plus de 28 millions d’exemplaires dans le monde. 14 Les Bronzés de Patrice Leconte 1978 succès jugé correct à l’époque, ce n’est au fil des années que le film a acquis une stature de film culte, au même titre que Les Bronzés font du ski, sorti l’année suivante. 15 Apocalypse Now de Francis Ford Coppola 1979 s’il s’agit là d’un film légendaire, sa production fut chaotique. Le tournage devait durer 6 semaines mais s’étala sur 16 mois et le montage sur 3 ans ! Le film fut un immense succès critique et gagna ainsi la Palme d’Or à Cannes la même année, 2 Oscars, 3 Golden Globes et 1 César. Ainsi que Diamonds are Forever 1971; La folie des grandeurs 1971; Le Mans 1971; Mean Streets 1973; Serpico 1973; Mon Nom est Personne 1973; L’arnaque 1974; L’homme au pistolet d’or 1974; L’exorciste 1974; Massacre à la tronçonneuse 1974; The Rocky Horror Picture Show 1975; Les 12 travaux d’Astérix 1976; Rencontre du troisième type 1977; Annie Hall 1977; Superman 1978; Midnight Express 1978; Moonraker 1979; Manhattan 1979 … Le style des années 70 La mode du début des années 70 commence comme s’est terminée la décennie précédente. Le look hippie avec des pantalons boot-cut, t-shirts psychédéliques colorés et autres pièces inspirées des natifs américains étaient donc très présentes. Très tôt, les femmes voient de nombreuses nouveautés apparaître dans leur garde-robe les escarpins à plateforme, puis jupe qui s’allonge proposant désormais trois différentes longueurs. Si la mini-jupe était déjà apparue dans les années 60, on en trouve désormais qui arrivent à mi-cuisses et d’autres jusqu’aux chevilles maxis. Le hot pants apparaît, un short plus court que court. Si vers la fin des années 70, la popularité de la mode féminine a explosé du fait de la créativité de nombreux créateurs et de leur space age », cela continue dans cette décennie avec l’illustre Diane Von Fürstenberg qui en 1972 invente la robe cache-cœur wrap dress une robe versatile que l’on peut porter au bureau comme pour sortir et qui sied à toutes les morphologies. Un an plus tard, en 1973, c’est la naissance du premier parfum masculin, Paco Rabanne » pour homme. Plus tard, dans la deuxième moitié des années 70, la mode change radicalement de face sous l’impulsion d’Yves Saint Laurent qui dans sa collection de 1976 invente le Rich Peasant » look paysan riche. Ses caractéristiques principales des jupes à froufrous, des pulls sans manches et des épaules tombantes, une fluidité jamais vue jusqu’alors. Le look s’accessoirisait de colliers de fleurs en soie, les vêtements étaient brodés ou imprimés de fleurs. En marge de ces modes mainstream » une petite boutique de Londres gagne en popularité pour son style à part. Elle est située au 430 King’s Road et tenue par Malcolm McLaren, Vivienne Westwood et Patrick Casey. Ils feront changer le nom de leur boutique et son univers au gré de l’évolution des modes culturelles dans la capitale anglaise. Très vite, la boutique devient incontournable, si bien qu’à partir de la seconde moitié des années 70, Vivienne Westwood qui a commencé à faire ses propres vêtements habille les Sex Pistols. Le mec Normal Si l’on prend l’ensemble des sous-cultures que l’on cite lorsqu’on veut se rappeler de l’époque punks, glam, skins, etc. disons que le mec normal n’en a rien à foutre, surtout en France ou ces mouvances n’apparaissent que lors de la décennie suivante ! Formel La tenue formelle du mec normale dans les années 1970 est très influencée par la mouvance disco, elle est donc bien plus décontractée que durant les années 60. On porte tout de même le costume au bureau et pour les occasions formelles. Les vestes, à boutonnage croisé comme simple, sont coupées près du corps, jusqu’aux hanches, et sont évasées en bas. Le costume trois-pièces qui avait été délaissé par la décennie précédente fait son retour. On les propose en laine, velours voire même en veau retourné suede. Les boutons sont couverts de tissu et les revers sont très larges. Le pantalon de costume a une coupe plus large qu’un pattes d’eph’, mais reste évasé aux chevilles. En général on trouve tout dans des couleurs plus gaies, les costumes se parent parfois de motifs géométriques et les chemises gagnent en fantaisie. Aux pieds, c’est la chaussure a talon, voire à plateforme qui a les faveurs de tout le monde, chez les hommes comme chez les femmes, car elle grandit la silhouette. A vrai dire, Côté accessoire, la kipper tie » cette cravate qui était réservée aux gens à la mode des années 60 devient un standard. On porte également des lunettes à pont type aviateur, mais en plus carrées avec des verres colorés mais transparents. En France, les cheveux longs sont de mise et il n’est pas rare de voir les hommes porter la barbe. Casual Les années 1970 voient également la démocratisation du costume détente, fait de matière synthétique comme le polyester, plus léger et plus facilement lavable. La veste arbore un revers plus large pour compenser le fait de ne pas porter de cravate. Les couleurs sont sacrément osées on retrouve des pastels et de nombreux imprimés géométriques comme les gros carreaux par exemple. L’homme ne recule devant rien, au point de porter du violet voire de l’orange sur une chemise à motif floral. La chemise, par ailleurs, est cintrée et arbore un grand col que l’on nomme familièrement pelle à tarte ». Jeunes Au cours des années 1970, les jeunes commencent également à porter des t-shirts graphiques, notamment en insérant une image au fer sur leur t-shirt. Aussi les t-shirts avec des messages inscrits commencent à apparaître aux Etats-Unis ainsi, des modèles inspirés du baseball puis ceux inspirés de séries TV mettant en scène des superhéros US. Par ailleurs, la chemise à carreaux, issue de la période hippie reste très présente au cours des années 70 en France. Clairement, la mode casual de cette époque voit l’usage du jeans grandir. Jusqu’à la moitié de la décennie, on porte toujours des coupes pattes d’éléphant jusqu’à la fin en France mais commencent à apparaître alors des modèles coupe droite. Les jeunes commencent également à porter des chaussures jusqu’ici réservées à un usage sportif des baskets en tissu quoi. La veste en jeans gagne en popularité vers la fin de la décade, alors portée par les vedettes de l’époque. Grosso modo, après la production “nécessaire” durant les 30 glorieuses, la production est passé au “superflu”, faisant passer la société dans une nouvelle ère de consommation de “masse”. Les jeunes français sont désormais directement visés par les publicités des marques de mode qui les poussent à acheter leurs produits, notamment les jeans que le jeune possède désormais en plusieurs exemplaires. Le disco Avec la popularisation de la musique disco et la diversité croissante de tissus, un changement drastique est intervenu dans la mode de tous les jours tous les styles et types de vêtements furent affectés par ce succès populaire, notamment en ce qui concerne les hommes. Cette influence est d’ailleurs amplifiée avec la sortie du film La Fièvre du Samedi Soir dès 1977 aux Etats-Unis. Au sein de la panoplie de base se trouve le costume trois pièces, qui est désormais disponible dans de nombreux coloris déroutants. Il comporte un revers plus large, des pantalons pattes d’éléphant, sinon à coupe large et des gilets tombant au-dessus de la ceinture. Côté accessoires, les cravates sont plus larges et arborent également des motifs bien plus osés, les cols de chemise deviennent beaucoup plus longs et pointus, du type de ceux populaires dans les années 20. Aux pieds, des bottes à talons inspirées de modèles féminins sont les plus prisés. Vers la fin de la décennie, la mode disco muta en quelque chose de plus moderne. Les combinaisons zippées jumpsuits sont alors populaires chez les hommes comme les femmes. On porte également des pantalons collants aux cuisses et évasés en Spandex, des chemises en soie et on accessoirise avec un foulard autour du cou, puis des cardigans à grosse maille quand il fait froid. Concernant la coiffure, la plus prisée restait la coupe afro, surtout aux Etats-Unis ou même les blancs y trouvaient une alternative aux cheveux longs. Le punk Alors que l’économie des 30 Glorieuses commence à s’essouffler en Europe et notamment en Grande-Bretagne, ce mouvement contestataire voit le jour. Nommés ainsi comme un magazine créé en 1975 aux Etats-Unis, les punks défient alors toutes les croyances établies de la société et ses institutions avec pour crédo la création par le trouble » et s’opposent au mouvement hippie de la fin des années 1970 comme un mouvement antisystème, voire nihiliste. Comme nous le disions en préambule, de leur petite boutique de Londres, Vivienne Westwood et son partenaire Malcolm McLaren sont reconnus comme les pionniers du look punk. Cette boutique qui a elle aussi changé d’influences au même rythme que la société, et même avec un temps d’avance prend le nom de Sex » en 1974. Malcom est alors manager d’un groupe précurseur du Punk nommé les New York Dolls. Impressionné par leur allure, il ramène de nombreux posters et vinyles pour en décorer sa boutique londonienne, décidant d’adapter ce look à la sauce anglaise. C’est au travers des Sex Pistols dont il prendra le management en 1975 qu’il le fera avec sa partenaire Vivienne Westwood, principalement pour faire de la pub à leur boutique et faisant du groupe les premières icones punk. Le dresscode punk est à la base loin de l’image qu’on peut s’en faire aujourd’hui. Le but étant de s’opposer au hippies idéalistes, si au milieu des années 70, il n’y a pas encore de crêtes ni de cheveux colorés, on commence par couper, voire raser les cheveux longs et la barbe que tous arboraient à Woodstock et à porter des cheveux ébouriffés. Les vêtements qui étaient cleans et gais sont remplacés par d’autres plus sombres le jeans tout propre est déchiré, il n’est plus évasé mais serré, les vestes en cuir retourné sont remplacées par des perfectos noirs, les graphiques colorés des t-shirts sont remplacés par des taches de sang ou des messages choquants, puis des épingles de suretés, des clous et autres rivets deviennent des bijoux. Aux pieds, on porte des creepers ou des Dr Martens. Sous l’impulsion de la boutique Sex, de nombreux accessoires fétichistes sont adoptés par les punks, le tartan anglais reste présent en toile de fond. Par la suite, dès 77, de nouveaux éléments apparaissent dans le look punk. La customisation de vêtements bat son plein, puis l’influence newyorkaise de McLaren déteint sur les SexPistols. Le look en Europe s’agrémente alors de tennis blanches abimées même si les Ramones en portaient aux Etats-Unis depuis leurs débuts et d’imprimés animaux. Le look Mod reste présent dans une branche moins radicale du Punk avec des costumes et chapeaux, puis d’autres commencent à inclure des pièces militaires dans leur tenue. Sinon, c’est à cette période que l’on commence également à voir apparaitre le mohawk », la coupe en crête aux couleurs délibérément choquantes, et des crânes rasés de la part de ceux que l’on amalgame comme skinheads, des punks plus radicaux. Le glam En Grande-Bretagne principalement et aux Etats-Unis, une mode au début des années 70 s’inspire de l’extravagance des vedettes du glam rock. Strass et paillettes sont alors au rendez-vous sous l’impulsion de David Bowie qui vient tout juste de lancer son premier album phare The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars 1972. A cette époque, les hommes portent souvent des costumes sctintillants, des vestes matelassées, des évasés larges, des pantalons en velours et des t-shirts incrustés de pierres brillantes. Leurs cheveux sont longs, du moins derrière car coupés en mulet, parfois hérissés, mais toujours colorés. Ils sont à l’époque eux aussi adeptes des chaussures à plateforme. Les suedeheads Mouvement dérivé des skinheads au début des années 70, mais vêtus plus formellement, portant souvent des costumes pied de poule ou Prince de Galles, des manteaux longs du même style que ceux que l’on trouve chez Crombie, des vestes en peau de mouton et des chemises à large col boutonné. Pour vous donner une idée, le plus représentatif pourrait être un pull sans manches porté sur une chemise à carreaux. Les suedeheads, comme les skinheads, sont adeptes des pantalons Sta-Prest de chez Levi’s un pantalon casual dont le pli ne se déforme jamais. Ils aiment égalent les chaussettes de couleurs et écoutent du reggae, de la soul, du ska et même du Glam Rock. Retrouvez notre tableau consacré aux années 70 sur Pinterest La playlist La mode des années 80 Tags Histoire de la mode
Tour d'horizon de l’actualité littéraire du moment à la découverte de 5 bons romans à dévorer. Regardez-nous danser de Leïla SlimaniAprès avoir publié l’année dernier Le Pays des autres , Leïla Slimani poursuit sa saga marocaine en dévoilant Regardez-nous danser. Si le premier livre relatait la rencontre, le mariage et l’installation d’une jeune Alsacienne sur les terres de son époux marocain, ce second tome décrypte, en particulier, l’évolution de ses enfants, nettement plus privilégiés, mais toujours tiraillés entre deux cultures et visions du monde sur fond de période 68. Soit une épopée familiale au cœur d’un Maroc en plein bouleversement politico-social et qui décrit avec finesse, ses contradictions, ses couleurs, ses mœurs, ses paysages, ses odeurs et sa danser de Leïla SlimaniConnemara de Nicolas Mathieu Il avait déjà remporté le prix Goncourt avec Leurs enfants après eux, Nicolas Mathieu revient cette année avec Connemara. De son livre précédent, on retrouve en exergue le Grand Est, mais aussi la question épineuse du déterminisme quand les rêves d’adolescence se heurtent aux plafonds de verres sociaux et à la réalité d’un monde capitaliste où le tertiaire s'impose dans des milieux modestes. Entre passé et présent, d’ados boudeurs qui subissent les limites d’une région isolée, réveillés par leur désir, aux adultes à la vie familiale plus ou moins satisfaisantes. Les descriptions sont d'une justesse rare. Connemara de Nicolas Mathieu La fille de Deauville de Vanessa SchneiderLe dernier roman de Vanessa Schneider propulse les lecteurs au coeur de l'épopée d'Action directe. Ce groupe terroriste communiste formé dans les années 80 qui multiplie alors les attentats, braquages et autres actes de terreur à travers la France. Avec en particulier à sa tête une jeune femme surnommée par la police la fille de Deauville », née dans un quartier cossu, de sa tracte à son arrestation. Ou comment raconter la violence de cette révolution utopiste, entre rêves de liberté et revanches sociales. Prenant. La fille de Deauville de Vanessa SchneiderNom de Constance Debré "J’ai un programme politique. Je suis pour la suppression de l’héritage, de l’obligation alimentaire entre ascendants et descendants, je suis pour la suppression de l’autorité parentale, je suis pour l’abolition du mariage, je suis pour que les enfants soient éloignés de leurs parents au plus jeune âge". Après Play boy où elle faisait son coming out et Love Me tender où elle décryptait son rapport à l'amour maternel, Constance Debré dévoile, ce printemps, Nom. Une autofiction toujours aussi engagée qui explore l'enfance et notre rapport compliqué à cette dernière. Si l'on est pas toujours d'accord sur tout, elle soulève des problématiques et questions intéressantes. Le rôle discutable que la psychanalyse lui dédie, nos rapports à nos parents… Et invite, en parallèle à considérer son mode de vie quasi nihiliste en marge de notre société consumériste. Nom de Constance Debré Anéantir de de Michel Houellebecq Attendus comme le messie, les livres de Michel Houellebecq sont partout dès la première seconde de leur sortie. Globalement plus boudé par la critique que ses romans précédents, l’auteur nous propulse dans les années 2027, en plein période électorale, mêlée à une crise familiale complexe et des attaques informatiques. Les amateurs de la plume et du cynisme Houellebecquiens apprécieront sûrement. Anéantir de de Michel Houellebecq Retrouvez sur le 5 livres féministes qu'il faut avoir lus dans sa vieLes cinq écrivaines françaises les plus prometteuses du moment
mode de vie des artistes en marge de la société